Comment redémarrer en intégrant pleinement les apprentissages de la crise ?

Michel MaestraliNon classéLeave a Comment





On parle depuis plusieurs années maintenant d’un monde VUCA (VolatiI, Incertain, Complexe et Ambiguë). La crise du Covid 19, nous a plongés de manière abrupte et dramatique dans les caractéristiques VUCA.
On dit beaucoup qu’il y aura un avant et un après. C’est fort possible d’autant que l’impact économique sera tel, y compris à moyen terme, que pour de nombreuses entreprises la survie dans l’après risque d’être extrêmement difficile. Mais il y a aussi le risque, qu’après le choc un certainnombre de comportements reviennent comme avant, ce qui signifierait que, d’une certaine manière, nous n’avons pas tiré apprentissage de cette crise.
Comment redémarrer en tirant apprentissage de la crise ?

1. Un partage collectif à faire

Redémarrer va nécessiter des équipes engagées. Car il va y avoir des moments difficiles, il va falloir faire bouger des choses (des organisations, des produits…), faire des renoncements, se remettre en
question, mais aussi trouver des solutions nouvelles, innover… Tout cela ne se fera pas sans des équipes engagées.
L’acte 1 de cet engagement va être d’organiser des partages collectifs structurés sur le bilan de cette crise. Ces bilans pour mobiliser ne doivent pas être descendants, mais bien collectifs autour d’une
vision à 360° de cette crise.

Le bilan doit prendre en compte le rationnel comme l’émotionnel. C’est d’autant plus important que les vécus individuels peuvent être très différenciés. Il faudra notamment permettre de « purger », dans certains cas, des situations dans lesquelles des collaborateurs ont été au « front » sursollicités et d’autres moins voire pas du tout (il faudra prévoir le traitement de ces situations afin que cela ne soit pas source d’aigreur et de conflit demain).

Ce bilan implique aussi d’alimenter les équipes en transparence sur la nature de la situation (sans cacher, sans édulcorer), si l’on veut qu’il partage l’impérieuse nécessité de ne pas repartir comme avant (au sens de l’étape 1 de Kotter).

2. Intégrer un « vers quoi » qui fait sens

La crise a mis avec plus d’acuité encore des éléments de sens qui étaient déjà là.

  • Notre impact sur l’environnement : de fait la crise a montré l’ampleur de notre impact qui en a peine deux mois d’une modification drastique de notre mode de fonctionnement a eu des conséquences majeures en terme d’environnement (gaz à effet de serre…)
  • Le côté aberrant d’une partie de notre fonctionnement économique en ayant déconnecté aussi fortement les logiques de proximité (les masques fabriqués en Chine, des entreprises qui avaient leurs circuits entiers d’appro coupés, leurs accès clients aussi…)
  • Notre rapport à la consommation a été de fait fortement réinterrogé par le confinement. Pour beaucoup, les gens ont pris conscience qu’ils pouvaient consommer autrement en se focalisant plus sur l’essentiel et moins sur l’accessoire. Il est ainsi assez illustratif qu’en cette période de doute et de confinement le ecommerce non alimentaire n’a pas connu le « boom » économique que l’on aurait pu imaginer
  • La nécessité de recréer du lien, de la solidarité a été très fort dans ces périodes (initiatives d’immeubles à immeubles, soutiens aux personnels de santé…)

La crise doit être l’occasion de s’interroger sur ces sujets et de faire contribuer l’entreprise à ces éléments de fonds (mission).

3. Se transformer pour être plus réactif

La crise a mis en évidence nos facilités / difficultés à réagir face à l’imprévu. En tirer apprentissage c’est développer plus encore son agilité collective. Que devons-nous réformer, modifier profondément pour accroître nos capacités de réaction ? Bien entendu une crise comme le Covid 19 ne se reproduira pas tous les ans (on l’espère fortement !) ; mais c’est plutôt sous l’angle de ce qu’elle nous apprend de notre agilité qu’elle est intéressante, car notre environnement, lui, restera VUCA. C’est l’occasion de faire la check list de tout ce qui nous rend insuffisamment agiles (circuits de décision, organisation, autonomie sur le terrain, soutien des initiatives, dogmes à revisiter « on ne peut pas …. »…). La crise a permis parfois de remettre en cause et de dépasser en quelques jours des contraintes que l’on aurait mis des années à transformer. Là encore, cette analyse plus elle sera collective et partagée, plus elle sera vertueuse pour la suite.

4. Être innovant, trouver des solutions différentes

Pour faire face à cet après crise, il va falloir imaginer des solutions nouvelles aussi bien dans nos produits, services, que dans l’approche de nos clients, de nos relations avec notre écosystème, ou de notre propre organisation. Pour cela les solutions ne seront pas individuelles, mais c’est au contraire en sollicitant l’intelligence collective que nous y parviendrons. Cette crise a d’ailleurs montré à quel point les équipes étaient capables de trouver des solutions lorsqu’elles étaient pleinement convaincues de l’urgence et qu’elles étaient en contact avec le sens.

Il va donc falloir les solliciter sur ces innovations, remises en cause, solutions nouvelles… Que doit-on Conserver, que doit-on créer développer, que doit-on réduire, que doit-on éliminer ? Mobiliser les équipes sur ces sujets, les outiller en méthodes doit faire partie des priorités (méthode de créativité, d’analyse en collectif de situation, de résolution de problème…).

5. Être dans une démarche itérative, test&learn, pragmatique

Ce plan de redémarrage il va falloir qu’il intègre pleinement une prise en compte du caractère incertain de l’avenir et donc une approche très pragmatique (ça marche /ça ne marche pas), très itérative, on avance pas à pas et est prêts à changer si les conditions l’imposent. On retrouve ici des éléments déjà présents dans la culture agile. Ce redémarrage est l’occasion d’accentuer ces prises en compte au sein des équipes : le Test&Learn, les notions de MVP et de MVC (minimum Viable Product et Minimum Viable Change).

La période impliquera aussi des priorisations pragmatiques (matrice impact/effort par exemple).

Il faudra certainement aussi à l’avenir faire plus de préparation de crise « et si demain… quels sont nos plan B, C, comment on fonctionne en mode dégradé… »

Voici donc 5 points clés à pleinement intégrer à sa stratégie de redémarrage et faire ainsi de cette crise une source d’apprentissage.

  1. Un partage collectif à faire.
  2. Intégrer un « vers quoi » qui fait sens
  3. Se transformer pour être plus réactif
  4. Être innovant, trouver des solutions différentes
  5. Être dans une démarche itérative, test&learn, pragmatique

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